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Ré-écoutez l'émission "Culture Breizh" du 7 mai sur Egile - l'autre

Synopsis

Il faut du courage pour tout oublier
Sauf sa vieille valise et sa veste usée
Juliette, in Aller sans retour


Avis au lecteur : Le dernier paragraphe de cette page, « Le déroulement », donne une description scène par scène du spectacle. Si vous souhaitez garder une certaine surprise lorsque vous viendrez voir la représentation, nous vous conseillons de ne pas lire ce paragraphe.

L'argument

Egile

Ignacio, jeune orphelin Capverdien, débarque à Douarnenez. Son point d'attache, le cercle celtique Korriged Is, qui a été pour lui une sorte de parrain tout au long de ses années d'orphelinat. Ignacio souhaite s'intégrer au groupe et partager cette nouvelle culture, si importante aux yeux de ses parrains. Mais les membres du cercle sont divisés, non pour l'accueillir mais pour savoir comment.
Petit à petit, Ignacio se retrouve intégré dans le groupe, d'abord dans des rôles mineurs puis de plus en plus importants. En parallèle, le groupe évolue, sentant en Ignacio et la culture capverdienne qu'il apporte une opportunité pour explorer de nouveaux territoires. Tout le monde n'est pas d'accord bien sûr et l'on discute parfois âprement, assis à la terrasse d'un bar ou lors des différents festou-noz auxquels prend part le cercle celtique.
Le séjour d'Ignacio voit ainsi la mise en place de trois spectacles, à chaque fois plus innovants par la forme, la couleur musicale ou l'audace chorégraphique. Et le départ d'Ignacio ne fera que confirmer combien enrichissantes et motivantes auront été la rencontre avec l'Autre et la découverte de sa culture.

Des fils rouges

Tous au long du spectacle reviennent des lieux, des musiques, des scènes. Ces scansions dans le rythme de la narration sont autant de points de repère pour le spectateur, à l'image de fils rouges autour desquels se tisse le récit.
Vous retrouverez ainsi un bar, des ambiances de fest-noz, des musiques d'anciens spectacles du cercle, la chanson « Aller sans retour » de Juliette, des séances de collage d'affiches. Mais d'autres éléments récurrents parsèment le spectacle. À vous de les trouver...

Le déroulement

Bateau Egile Comme bien souvent dans les histoires bretonnes, celle-ci commence dans un bar où les représentants du cercle celtique apprennent qu'Ignacio, jeune orphelin Capverdien que le cercle avait parrainé à travers l'association Morgane, doit arriver ; une occasion de planter l'histoire et d'évoquer le parcours du jeune homme et ses liens avec le cercle.
Mais cette nouvelle n'éclipse pas pour autant la saison estivale du groupe de danse et bientôt, descendant du car, les danseurs finissent de se mettre en costume au son du biniaouer qui chauffe son instrument.
Puis vient le défilé chorégraphié, caricature d'un folklore où Ignacio, fraîchement arrivé, est désigné pour porter les parapluies, à l'écart.

Mais ce n'est pas pour autant qu'il n'est pas le bienvenu et les préparatifs d'un fest-noz d'accueil s'organisent autour d'un collage d'affiches.
Alors que la fête bat son plein, Ignacio, victime de saudade, s'isole. Les musiciens tentent alors d'improviser un air capverdien pour le réconforter.
Au bar la discussion s'échauffe. Deux camps s'affrontent : les partisans de la modernité souhaitent utiliser la danse pour raconter une histoire, et d'autres préfèrent ne rien changer à la façon de présenter la culture sur scène, Cependant l'esprit d'un nouveau spectacle, « War an Aod », a germé.

Fest-noz Egile Les mois s'écoulent, on colle les affiches, et finalement ce nouveau spectacle, responsable de tant de tensions, prend vie sur scène. Mais l'évolution n'est pas révolution et l'étranger, cette altérité visible n'apparaît que grimé, personnifiant cet hiver que l'on chasse à l'époque du Mardi Gras.
A la fin du spectacle, le fest-noz, traditionnel lieu de partage et de mixité, dégénère en querelle entre musiciens et danseurs, les uns accusant les autres de ne pas danser le bon pas sur leur musique. Finalement cette dispute se résout de l'extérieur par un rythme capverdien que s'approprient les danseurs et que les sonneurs sont bien obligés d'accompagner.

Cette réconciliation est prétexte à une nouvelle discussion portant sur l'intégration de danses et musiques étrangères dans les spectacles. C'est alors qu'on se souvient que le grand-père de l'un des danseurs a connu Le déroulement cette expérience avec le ragtime aux États-Unis durant la grande guerre.
Le spectacle « Je vous dirai... » prend forme et après le traditionnel collage d'affiches, on assiste à une scène représentant l'arrivée en Amérique et un débarquement aux rythmes métissés. Enfin Ignacio obtient une place de danseur, mais en retrait, parmi les autres...

Bar Egile Et l'on se retrouve à nouveau en train d'imaginer le prochain spectacle autour d'un verre ; et en flappant, comme on dit chez nous, c'est une uchronie qui prend forme : que se serait-il passé si la centrale de Plogoff s'était construite ? Comment les autochtones auraient réagi à cet afflux d'étrangers dans ce bout du monde ? « Plogoff ! », le spectacle, est né et avec lui on glisse peu à peu dans l'onirisme, où spectacle et quotidien s'emmêlent.
Après « Aller sans retour », chanson de Juliette qui parle de déracinement et d'exil et sert de toile de fond à un nouveau collage d'affiches, on ne sait pas si ce contrôle d'identité qui tourne à l'affrontement est réel ou spectacle, si Ignacio que ses études auraient pu mener à ce poste de scientifique prend réellement cause et partie pour ces pauvres bougres menacés de reconduite à la frontière. Tout ce dont on est sûr c'est qu'il est enfin pleinement intégré dans sa différence et son universalité.

Et quand « l'Affiche rouge » de Léo Ferré résonne, accompagnant par sa symbolique l'affichage pour un fest-noz de soutien aux sans-papiers, quand cette fête intergénérationnelle se déroule, chacun endosse la place de l'étranger, de cet autre. C'est alors un final bigarré, plein de couleurs, de différences, d'unicités qui s'unissent pour construire ensemble l'acmé de l'acceptation de l'autre.

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